Les lignes qui suivent sont issues de la thèse de doctorat en psychologie clinique du Rabbin Haïm Harboun intitulée : « Identité juive et maladie mentale » passée sous la direction du professeur Henri Baruk, l’un des fondateurs de l’ethno-psychiatrie moderne à Charenton puis à Sainte-Anne.
Le premier élément constitutif de l’identité juive, à côté de l’héritage du statut de la mère, est la non distinction entre l’aspect purement religieux et l’aspect national.
Ce qui explique que des non pratiquants s’identifient au judaïsme, non plus par sa face religieuse mais par son aspect historique et national. Toutefois, cette distinction est apparue à partir de la création de l’État d’Israël. Quant à la doctrine elle-même, elle ignore tout clivage.
Nous allons étudier cet aspect, dans les trois sources du judaïsme : la Bible, le Talmud et la Prière. Nous terminons avec la prière.

La prière juive est, en grande partie, centrée sur la reconstitution de la nation juive. Toutes les prières principales qui sont récitées plusieurs fois par jour évoquent la notion de nation perdue.
Trois fois par jour, le juif pratiquant récite : « Fais retentir la trompette solennelle de la délivrance et donne le signal de la réunion de tous nos dispersés. Rassemble-nous des quatre extrémités de la terre, rends nous nos juges et nos conseillers comme autrefois ».[1] « Rétablis ta demeure à Jérusalem comme tu l’as promis. Relèves bientôt ses murs et affermis dans son sein le trône de David ».
Le samedi qui précède la néoménie, le Rabbin annonce solennellement le jour de la néoménie et accompagne cette annonce par la prière suivante : « Que le Dieu, saint et béni, nous accorde en ce mois : la vie et la paix, la consolation et le salut » et précède cette prière par l’annonce : « Celui qui a opéré des prodiges en faveur de nos pères et a brisé les chaînes de leur esclavage, nous accordera, à nous aussi, une délivrance prochaine et réunira des extrémités de la terre les dispersés d’Israël ».
Une fois par an, à l’occasion de Roch Achana[2], le même sujet est évoqué : « Rends la joie à ton pays, à ta ville sainte et que bientôt éclate resplendissante la majesté de ton élu, David, fils de Jessé ». Cette journée solennelle est clôturée par la prière de Moussaf dont le sujet est encore le retour à Sion, la construction de l’État. Voici cette prière :
« Par suite de notre mauvaise conduite, nous avons été exilés de notre pays et il ne nous est plus possible de venir apporter aujourd’hui nos offrandes et nos prières dans la sainte et glorieuse maison à laquelle tu avais attaché ton nom, dans le sanctuaire qui a eu un sort malheureux. Daigne, Ô Éternel, Roi miséricordieux, nous prendre encore en pitié, relever bientôt ton sanctuaire et lui rendre sa majestueuse splendeur. Hâte-toi de faire rayonner sur nous, aux yeux de tous les vivants, la gloire de ton règne. Dans l’allégresse réunis nos dispersés de toutes les extrémités de la terre et ramène nous, avec la joie des anciens jours, à Sion, la ville de prédilection et dans le sanctuaire de Jérusalem…..
Précisons, pour terminer cette brève énumération, que chaque fois qu’un juif consomme un repas avec du pain, il est tenu de réciter la prière après le repas où l’on relève les passages suivants : « Nous te rendons grâce, Ô Éternel, notre Dieu, à toi qui, après avoir délivré nos pères de l’esclavage d’Égypte, leur a donné un grand et délicieux pays ». « Prends en pitié, Ô notre Dieu, Israël ton élu, Jérusalem ta ville bien aimée, Sion, la résidence de ta majesté ».
[1] Chémone Esré (prière silencieuse récitée trois fois par jour).
[2] Le 1er et le 2ème jour du premier mois de l’année juive (Tichri).

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