
Même si le mot sionisme n’existait pas, l’idée d’un retour à Sion, physique ou messianique, a traversé toute l’histoire juive. Elle se manifeste chez les prophètes, les poètes mystiques médiévaux, les philosophes religieux, les mouvements messianiques, et les pionniers de l’Aliyah avant l’heure. Prenons simplement le Moyen Age et la post Renaissance.
Moyen Âge (Ve – XVe siècles)
Rabbi Yehouda Halevi (Espagne, XIe-XIIe siècles), Philosophe, poète mystique. Écrit : “Mon cœur est en Orient, et moi je suis au bout de l’Occident”. Il finit par partir pour Eretz Israël, où il serait mort en arrivant à Jérusalem. Son œuvre inspire un retour spirituel et physique.
Maïmonide (XIIe siècle, Égypte). Bien que rationaliste, il affirme dans le Michné Torah l’importance du retour à la Terre d’Israël. Il y fait un bref séjour.
De nombreux de groupes juifs font des Aliyot (montées) de groupes juifs au fil des siècles : Montée de Juifs du Yémen au XIIe siècle. Montées de certains mystiques ou ascètes ashkénazes et séfarades (XIIIe–XVe s.). Notamment la montée de disciples du Ramban (Nahmanide) après l’expulsion d’Espagne.
Époque moderne (XVIe – XVIIIe siècles)
Rabbi Isaac Louria (Ari Zal, XVIe siècle, Safed) est un Kabbaliste majeur. Sa présence en Galilée attire de nombreux juifs. La mystique lourianique voit dans le retour à Sion une étape messianique.
Don Isaac Abravanel au XVe siècle est un penseur exilé d’Espagne qui voit dans les souffrances juives un prélude à la rédemption nationale.
Sabbataï Tsevi au XVIIe siècle est un faux messie qui promet le retour physique à Sion, mobilisant des foules entières à cette idée.
Rabbi Yehouda he-Hasid Conduit un groupe de Juifs ashkénazes à Jérusalem en 1700. C’est le premier mouvement collectif d’ »Aliyah organisée ».
Vilna Gaon au XVIIIe siècle et ses disciples, les « Peroushim »), inspirés par une lecture kabbalistique et messianique, partent s’installer en Terre d’Israël à partir de 1808.

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