
La colonisation grecque d’Alexandre le Grand est le modèle de toute mondialisation à venir.
Pour marier l’occident et l’Asie, il a tue Darius le Grand pui combattu de la Macédoine à l’Indus. Comment unifier un tel empire qui passe par lAsie mineure, la Syrie, l’Iran, l’Afghanistan…
Alexandre se revêt de la toge de Darius comme s’il se revêtait de ses dieux, ses ancêtres divinisés. Dominer sans humilier. Prendre l’esprit de l’ennemi pour s’approprier sa puissance. Le mettre à son service sans l’humilier, s’approprier son esprit par la persuasion autant que par la force. Les bases du soft power sont posées.
Alexandre crée des villes grecques, des satrapies aux quatres coins de son empire à la tête desquelles il installe ses généraux (satrapes).
Alexandre épouse en premières noces Roxane en – 324. Esclave enlevée par ses troupes c’est une princesse perse de Sodiane. Un acte politique d’unification de l’Empire.
Arrien écrit à ce sujet :
« Roxane, nubile depuis peu, était la plus distinguée des beautés de l’Asie, après la femme de Darius. Alexandre en est épris, et loin d’user des droits du vainqueur sur sa captive, il l’élève au rang de son épouse, action bien plus digne d’éloge que de blâme ».
Le rite est cependant Macédonien. Aux noces de Suze en février moins 324. Des milliers de macédoniens, dont les principaux officiers du roi, sont mariés à des femmes perses et mèdes. Alexandre épouse Stateria, fille aînée de Darius III, ainsi que Parysatis la fille d’Artaxerxès III.
Alexandre le Grand meurt un an plus tard à Babylone.
L’Empire greco romain est né de ce rêve d’Alexandre d’unification spirituelle de l’europe grecque et de l’Asie.
L’élève macédonien d’Aristote, son précepteur, veut unifier le Cosmos sous la raison de Jupiter.
Ce modèle de soft power qui permet de conquérir par la » culture » et le culte civique réunis, avec peu de troupes d’occupation, sera celui de Rome et de tous les empires coloniaux mondialisés successifs.
En Judée pendant les périodes grecque et romaine, dépendant de la province romaine de Syrie au tournant de notre ère, on crée donc des villes sur le mode grec en Israël entre les années – 333 et -63 : Sephoris, Césarée (en hommage au « César » romain), résidence d’hiver d’Hérode Antipas, roitelet judeo-romain sur le mode grec qui va reconstruire le second temple.
A l’époque des Maccabées, sous les Séleucides (de Seleucus fils d’Alexandre qui a recu une partie dd son empire), vers – 167, on construit des gymnases, ephebium et autres lieux de culte qui célèbrent des valeurs-comme la beauté divinisée, le pouvoir de l’Imperium (la puissance virile divinisée) ou de la culture (paideia), grecs.
C’est culture contre nourriture.
Comme partout dans l’Empire d’Alexandre le Grand, les élites et la jeunesse sont invitées à participer à l’en cyclo paideia (qui a donné encyclopédie). Pendant la période romaine elles feront leurs études à Rome comme aujourd’hui on fait Harvard.
Pendant la période grecque, face à cet impérialisme de la première mondialisation qui efface les cultures et cultes locaux, les juifs se révoltent, c’est la révolte des Maccabées (« marteaux » comme leur arme de combat) en 167-160 avant notre ère.
À l’époque, la Judée est sous domination séleucide (dynastie grecque issue de l’empire d’Alexandre le Grand). Le roi Antiochos IV Épiphane impose une politique d’hellénisation religieuse et culturelle, interdisant : la circoncision, l’étude de la Torah, le respect du Shabbat, les lois alimentaires : Casherout,… allant jusqu’à profaner le Temple de Jérusalem (sacrifice de porcs, statue de Zeus dans le Temple). Une tentative pure et simple d’éradication du monothéisme juif et de ses pratiques.
La famille des Hasmonéens (ou Maccabées), des prêtres (cohanim) dirigés par Mattathias puis ses fils (notamment Juda Maccabée), s’insurge. Ce soulèvement prend la forme d’une guerre contre l’idolâtrie et pour la restauration du culte selon la loi mosaïque.
La fête de Hanouka célèbre la restauration du culte et le miracle d’une fiole d’huile qui brûlera sept jours, le temps de la purification du culte étranger (avoda zara) dans le Temple.
C’est le premier « sionisme religieux » antique. On ne célèbre pas le dieu Mars, celui de la guerre dans une fête ou la construction d’un arc de Triomphe… mais le culte du temple rétabli. Pas un culte de la force et de la violence comme à Rome, mais de la Torah.
Sous pouvoir romain on construira les voies romaines, qui amènent esclaves (une prostituée est désignée comme « une syrienne » à Rome au 1er siecle, la Judee faisant partie du procurat de Syrie) et le blé et le vin de la narbonnaise ou de Nîmes. Tous les chemins mènent à Rome !
La révolte des Maccabées est un événement fondamental dans l’histoire religieuse juive. D’un point de vue religieux, elle peut être comprise comme une insurrection pour la fidélité à la Torah face à une tentative d’hellénisation forcée du peuple juif.
Ps : ce modèle de nationalisme juif sera le modèle de Pasquale Paoli quand il écrit la première constitution démocratique européenne pour la Corse.
Voilà pourquoi les âmes juive et corse sont liées au plus profond…

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